Editions de l'Herne

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Nouveautés
L'image rituelle

Ce volume des Cahiers d’anthropologie sociale, L’image rituelle, dirigé par Carlos Fausto et Carlo Severi, porte sur les traditions iconographique des arts non occidentaux. Ces arts impliquent des images intenses et fragmentaires dont la forme mobilise depuis quelques décennies le regard des anthropologues en ouvrant une nouvelle perspective d’analyse aussi pour autres domaines, y compris littéraires. Un certain nombre de recherches, dont ce volume rend compte, permettent aujourd’hui d’approfondir et de généraliser cette approche, qui conduit à considérer les images, ou les artefacts, non pas uniquement comme des systèmes de signes, mais aussi et surtout comme des systèmes d’actions et de relations. Certes, on n’a pas l’habitude de considérer les artefacts comme ayant une âme, comme des objets capables d’établir des relations avec les humains. Cependant, si on regarde les objets dans leur système relationnel, on s’aperçoit que lorsqu’ils apparaissent au sein de l’action rituelle, ils ne fonctionnent plus comme de simples supports d’un symbolisme, mais constituent de véritables moyens d’agir sur autrui, des dispositifs complexes de médiations investis de sens, de valeurs, d’intentionnalités spécifques. Dans la perspective adoptée ici par un groupe de chercheurs français et brésiliens, ce n’est pas seulement l’interprétation de l’objet en tant que personne, qu’il s’agit d’explorer. L’artefact n’apparaît plus comme la simple « incarnation » d’un être individuel, mais devient l’image complexe d’un ensemble de relations.

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15 €
Marcher

La philosophie de la flânerie, par l’auteur de Walden ou la vie dans les bois.

Épris de vie sauvage et de liberté, Thoreau avait l’habitude de marcher plus de quatre heures par jour à l’époque où il vivait seul dans la forêt jouxtant le lac Walden. Marcher, court texte écrit en 1862, est à la fois une apologie de la flânerie, un appel à la communion avec la nature et un manuel essentiel d’initiation à la philosophie.

« Au cours de mon existence, je n’ai rencontré qu’une ou deux personnes qui comprenaient réellement l’art de Marcher, c’est-à-dire de se promener, qui pour ainsi dire avaient un génie particulier pour flâner, sauntering : il s’agit d’un mot qui vient joliment de ces gens oisifs qui, au Moyen Age, battaient les campagnes et demandaient la charité sous le prétexte de vouloir se rendre « à la sainte Terre » tant et si bien que les enfants s’écriaient en les voyant : « Voici venir un Sainte-Terrer, un saunterer, un Saint-Terrien ». Ceux que leurs marches ne mènent jamais en Terre Sainte comme ils le prétendent ne sont que des oisifs et des vagabonds, tandis que ceux qui s’y rendent effectivement sont des flâneurs dans le bon sens du terme, c’est-à-dire celui où je l’entends. »

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7.50 €
Désobéir

Un pamphlet d’une actualité foudroyante, sur la résistance civique !

Après avoir passé quelques jours en prison pour avoir refusé de s’acquitter d’une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique et la politique esclavagiste, Thoreau développe dans un court pamphlet le concept de Désobéissance civile, compris comme le refus d’être complice d’un pouvoir injuste et de nourrir ce pouvoir en coopérant, qui inspirera Martin Luther King et Gandhi.

"Pendant six années je n’ai pas payé la capitation et cela m’a valu de passer une nuit en prison. Alors que j’étais là, debout, à considérer les murs de pierres massives, épais de deux ou trois pieds, la porte en bois et en fer, épaisse d’un pied, et la grille de fer qui laissait passer la lumière, je ne pus m’empêcher d’être frappé de la bêtise de cette institution qui me traitait comme si je n’étais que viande, sang et os, bons à enfermer.
Je m’étonnais de la conclusion à laquelle elle était finalement parvenue, à savoir que c’était là la meilleure utilisation qu’elle pouvait faire de moi, sans avoir jamais pensé à tirer parti autrement de mes services. [...] Je n’éprouvais aucun sentiment d’enfermement et les murs ne me semblaient être rien d’autre qu’un vaste gaspillage de pierre et de mortier. J’avais l’impression d’être le seul de mes concitoyens à avoir payé l’impôt.
" H. D. Thoreau

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Rose

Parues dans Gil Blas en 1884-1885, signées “Barberousse” ou “Maufrigneuse”, ces courtes nouvelles, subtiles et ironiques, montrent toute la puissance du Maupassant nouvelliste.

“Les deux jeunes femmes ont l’air ensevelies sous une couche de fleurs. Elles sont seules dans l’immense landau chargé de bouquets comme une corbeille géante. Sur la banquette du devant, deux bannettes de satin blanc sont pleines de violettes de Nice, et sur la peau d’ours qui couvre les genoux un amoncellement de roses, de mimosas, de giroflées, de marguerites, de tubéreuses et de fleurs d’oranger, noués avec des faveurs de soie, semble écraser les deux corps délicats, ne laissant sortir de ce lit éclatant et parfumé que les épaules, les bras et un peu des corsages dont l’un est bleu et l’autre lilas.”


“Ma petite barque, ma chère petite barque, toute blanche avec un filet le long du bordage, allait doucement, doucement sur la mer calme, calme, endormie, épaisse et bleue aussi, bleue d’un bleu transparent, liquide, où la lumière coulait, la lumière bleue, jusqu’aux roches du fond. Les villas, les belles villas blanches, toutes blanches, regardaient par leurs fenêtres ouvertes la Méditerranée qui venait caresser les murs de leurs jardins, de leurs beaux jardins pleins de palmiers, d’aloès, d’arbres toujours verts et de plantes toujours en fleur.”

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L'oiseau blanc

Texte oublié du philosophe Denis Diderot, L’oiseau blanc peut se lire comme une suite aux Bijoux Indiscret. Conte érotique et satirique inspiré des Mille et une Nuits, son manuscrit fut recherché en vain par le lieutenant Berryer venu arrêter Diderot en 1749. Son épouse Nanette lui aurait répondu qu’elle ne connaissait à son mari “ni pigeon noir, ni pigeon blanc”.

“Ah ! ma soeur, le bel oiseau ! Quoi ! vous ne le voyez pas entre les deux branches de ce palmier, passer son bec entre ses plumes, et parer ses ailes et sa queue ? Approchons doucement ; peut-être qu’en l’appelant il viendra ; car il a l’air apprivoisé. « Oiseau mon coeur, oiseau mon petit roi, venez, ne craignez rien ; vous êtes trop beau pour qu’on vous fasse du mal. Venez ; une cage charmante vous attend ; ou si vous préférez la liberté, vous serez libre. »

« L’oiseau était trop galant pour se refuser aux agaceries de deux jeunes et jolies personnes. Il prit son vol, et descendit légèrement sur le sein de celle qui l’avait appelé. Agariste, c’était son nom, lui passant sur la tête une main qu’elle laissait glisser le long de ses ailes, disait à sa compagne : « Ah ! ma soeur, qu’il est charmant ! Que son plumage est doux ! qu’il est lisse et poli ! Mais il a le bec et les pâtes couleur de rosé, et les yeux d’un noir admirable ! »

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L'auberge rouge

L’histoire nous transporte en octobre 1799 sur les bords du Rhin. Deux jeunes chirurgiens militaires français, originaires de Beauvais, rejoignent leur brigade. L’un s’appelle Prosper Magnan ; Hermann a oublié le nom du second, qu’il nommera Wilhem. Ils s’arrêtent dans une auberge « entièrement peinte au rouge ». L’aubergiste leur cède sa chambre : toutes les autres sont occupées. Débarque un voyageur, porteur d’une lourde valise, pleine d’argent. C’est un riche négociant, fort affable. Les jeunes gens l’invitent à leur table et lui offrent de partager leur chambre. Troublé par la présence de cette fortune, Prosper ne parvient pas à s’endormir : des rêves éveillés l’agitent et le plongent dans un scénario de crime parfait. Effrayé, il se précipite au dehors, arpente fébrilement la campagne et reprenant ses esprits, rentre à l’auberge et s’endort. Au matin, réveillé par le vacarme qui règne dans l’auberge, il découvre le négociant mort, gisant dans une mare de sang à côté de son instrument de chirurgie...

« Mon imagination fut tout à coup saisie par l’aspect du convive qui se trouvait précisément en face de moi. C’était un homme de moyenne taille, assez gras, rieur, qui avait la tournure, les manières d’un agent de change, et qui paraissait n’être doué que d’un esprit fort ordinaire, je ne l’avais pas encore remarqué ; en ce moment, sa figure, sans doute assombrie par un faux jour, me parut avoir changé de caractère ; elle était devenue terreuse ; des teintes violâtres la sillonnaient. Vous eussiez dit de la tête cadavérique d’un agonisant. Immobile comme les personnages peints dans un Diorama, ses yeux hébétés restaient fixés sur les étincelantes facettes d’un bouchon de cristal ; mais il ne les comptait certes pas, et semblait abîmé dans quelque contemplation fantastique de l’avenir ou du passé. »

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