Six contes moraux
Eric Rohmer« Pourquoi filmer une histoire quand on peut l’écrire ? Pourquoi l’écrire quand on peut la filmer ? L’idée de ces Contes m’est venue à un âge où j’ignorais encore que je ferais des films. Si je les ai portés à l’écran, c’est que je n’ai pas réussi à les écrire. Et si, d’une certaine manière, on peut dire que je les ai écrits – sous la forme où ils seront lus –, c’est uniquement pour les filmer. »
Eric Rohmer
Les Contes moraux sont conçus comme six variations d’un même thème : le narrateur est à la recherche d’une femme, il en rencontre une autre, qui capte son attention jusqu’à ce qu’il retrouve la première. Ce thème central, amplifié, modifié, trans-formé ou inversé, est prétexte à explorer d’autres motifs comme le jeu subtil des relations hommes-femmes ou la construction intellectuelle du désir. Ce sont moins des histoires d’amour que des études de la mauvaise foi et de l’autojustification. Cette édition en un seul volume des Contes permet au lecteur de saisir la complexité des films de Rohmer et de suivre, ligne après ligne, le jeu subtil de ses similitudes et de ses oppositions.
Extrait :
Je ne dirai pas tout dans cette histoire. D’ailleurs il n’y a pas d’histoire, mais une série, un choix d’évé-nements très quelconques, de hasards, de coïncidences, comme il en arrive toujours plus ou moins dans la vie, et qui n’ont d’autre sens que celui qu’il m’a plu de leur donner. Je m’en tiendrai à une certaine ligne, une certaine façon qu’ont les choses d’arriver, un certain air par lequel elles s’an noncent. Mes sentiments, mes idées, mes croyances n’entrent pas en ligne de compte, bien qu’il en soit ici longuement question. Je les donne pour tels, je n’ai ni à les faire partager, ni à les justifier.
La presse en parle :
« Écrites pour elles-mêmes, non pour être interprétées, les nouvelles des recueils Six contes moraux peuvent se lire agréablement pour elles-mêmes, aussi bien que pour explorer archéologiquement les intrigues de films comme La Carrière de Suzanne ou La Femme de l’aviateur. Les textes s’y déchnent parfois en plusieurs versions, soit sous forme dialoguée, soit sous forme narrative. »
Cahiers du Cinéma