Poils et sang

Parution : 01/01/2010
Pages : 160
ISBN : 9782851973764

Dirigé par Dimitri Karadimas.

Les dix contributions qui constituent ce volume se proposent d’aborder le sujet de la pilosité suivant, d’une part, une approche comparative liée aux pratiques, notamment celles portant sur les humeurs corporelles — en particulier le sang — et, de l’autre, à l’imaginaire que les deux catégories entretiennent avec cette notion plus générale, mais aussi plus vague, qu’est la vitalité.

Sauvagerie, sexualité et vitalité d’un côté, comportement policé, retenue et abstinence de l’autre ; tels seraient les deux extrêmes du balancier conceptuel que parcourraient la pilosité et le sang dans les pratiques et l’imaginaire humains.

Objets de pratiques et de croyances multiples, ces deux productions corporelles, parfois polarisées sexuellement, sont souvent les signes d’une vitalité fantasmée. De nombreux exemples ethnographiques viendront illustrer ces rapprochements au sein d’ une réflexion anthropologique plus large visant à formuler des propositions générales sur l’humain… ce « singe nu mais chevelu ».

Depuis l’article, classique, d’E. Leach « Magical Hair » sur la pilosité et les cheveux, la thématique a faiblement mobilisé l’anthropologie, sans pour autant se faire oublier de l’ethnographie. La plupart des monographies possèdent quelques lignes, parfois plus, sur les pratiques et l’imaginaire liés à la pilosité en générale, à la chevelure et, surtout, aux poils (distinction catégorielle qui, soulignons-le, n’existe pas dans toutes les langues, loin de là).

Dans ces travaux, les questions ayant trait à la pilosité sont souvent redoublées par celles liées aux interdits concernant les humeurs corporelles et, plus particulièrement, au sang : ni vraiment humeurs et pas encore véritablement chair, la pilosité reste la partie la plus facilement détachable et transportable du corps sans, toutefois, qu’elle ne se corrompe.

 

Contributeurs : Anne-Marie Brisebarre, Salvatore D’Onofrio, Corinne Fortier, Jean-Pierre Goulard, Dimitri Karadimas, Gaëlle Lacaze, Nathalie Manrique, Marika Moisseeff, Karine Tinat, Priscille Touraille

 

Dimitri Karadimas est ethnologue au CNRS et directeur-adjoint du Laboratoire d’anthropologie sociale. Il travaille sur l’anthropologie du corps, la perception de l’environnement, l’anthropomorphisme et la transmission des savoirs. Il a publié La Raison du corps. Idéologie du corps et représentations de l’environnement chez les Miraña d’Amazonie colombienne (2005), et de nombreux articles dont « Le Petit Chaperon rouge : comment dire le corps sans le nommer », in Corps et affects (2004).

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Entretien

Réalisé par Sophie Haberbüsch pour le portail des sciences humaines intitulé Anthropoweb

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