George Sorel

(1847 – 1922)

George Sorel est un philosophe et sociologue français, connu pour sa théorie du syndicalisme révolutionnaire. Diplômé de Polytechnique et des Ponts et Chaussées, ancien ingénieur en chef à Perpignan, il démissionne de son poste et s’installe à Paris, puis à Boulogne-sur-Seine avec Marie David, ancienne ouvrière, quasi illettrée, qu’il n’épousera jamais à cause, peut-être, de l’opposition de sa mère. Après sa mort en 1897, Sorel lui dédie ses Réflexions sur la violence.

À partir de la seconde moitié des années 1880, Sorel publie des études dans différents domaines (météorologie, hydrologie, architecture, physique, histoire politique et religieuse, philosophie) révélant une influence de la physique d’Aristote ainsi que des études historiques d’Hippolyte Taine. En 1893, il affirme son engagement socialiste et marxiste. Sa réflexion sociale et philosophique prend appui sur sa lecture de Proudhon, Karl Marx, Giambattista Vico et Henri Bergson (dont il suit les cours au Collège de France).Petit à petit, Sorel fait son entrée dans le domaine politique. Après avoir collaboré aux premières revues marxistes françaises, L’Ère nouvelle et Le Devenir social, Sorel participe, à la charnière du XIXe et XXe siècles, au débat sur la crise du marxisme en prenant le parti d’Eduard Bernstein contre Karl Kautsky et Antonio Labriola. Par ailleurs favorable à la révision du procès de Dreyfus, le théoricien traverse durant cette période une phase réformiste. En collaborant à la revue romaine Il Divenire sociale d’Enrico Leone et au Mouvement socialiste d’Hubert Lagardelle, il contribue, aux alentours de 1905, à l’émergence théorique du syndicalisme révolutionnaire.

En 1906 est publié dans cette dernière revue son texte le plus célèbre, les Réflexions sur la violence. Sa sortie en volume en 1908 est suivie la même année par la parution des Illusions du progrès. Plus que ses réflexions d’ordre métaphysique et religieux ou encore son intérêt pour l’histoire ainsi que pour les sciences mécaniques et physiques, ce qui caractérise le penseur est son interprétation originale du marxisme, qui fut foncièrement antidéterministe, politiquement anti-étatiste, antijacobine, et fondée sur l’action directe des syndicats, sur le rôle mobilisateur du mythe — en particulier celui de la grève générale — et sur la fonction anti-intégratrice et régénératrice de la violence.

Publié à L’Herne :

  • Sorel (Cahiers)