John Bull sur le Guadalquivir

Anthony Trollope
Categorie : Romans
Parution : 05/11/2014
Pages :  168
ISBN : 9782851977380

Les nouvelles présentes dans ce recueil varient considérablement par leur longueur et leur ton, même si beaucoup d’entre elles reflètent l’humour de cet auteur si attachant qu’est Trollope. Les quatre nouvelles sélectionnées ici sont franchement comiques ; elles sont intitulées « La crique de Malachi », « À cheval à travers la Palestine », « Les vestiges du général Chassé » et « John Bull sur le Guadalquivir ».

Ces nouvelles ont été choisies pour illustrer toute la diversité et la maestria de l’écrivain. Quelques-unes sont inspirées de mésaventures réelles, arrivées soit à l’auteur lui-même, soit à certains de ses proches, notamment « Les vestiges du général Chassé » qui se passe en Belgique à une époque où Trollope était encore un tout jeune homme, invité par un cousin de ses parents, ministre de l’Église anglicane, à faire un petit voyage ; ainsi que « John Bull sur le Guadalquivir », qui nous transporte, comme son nom l’indique, en Andalousie, où le narrateur anglais de l’histoire n’apparaît pas franchement à son avantage. De là, nous passons en Palestine, pour une intéressante chevauchée du côté de Jérusalem, Jéricho et Jaffa, réunissant deux gentlemen anglais, dont l’un est, à l’insu de l’autre, une jeune Anglaise de bonne famille, travestie en homme. La quatrième nouvelle a pour cadre l’Angleterre, mais une Angleterre un peu différente de celle que Trollope dépeint d’habitude, puisqu’elle se situe parmi les pêcheurs de goémon et les petits agriculteurs de la côte nord de la Cornouailles, c’est-à-dire dans un milieu des plus modestes.

La variété des décors et des situations permet au lecteur d’enchaîner la lecture de ces quatre histoires sans monotonie. Et si le monde dépeint par Tollope a matériellement changé au point d’être parfois presque méconnaissable, les passions humaines mises en scène – amour, ambition, orgueil, vanité, sens des convenances, avidité et bien d’autres encore – sont toujours celles qui animent notre monde d’aujourd’hui.

 

« On rencontre à tout bout de champ des hommes dont le seul contact vous rebute, sans même savoir à quoi est due cette antipathie. Leur barbe est taillée d’une manière qui vous déplaît,ou bien c’est leur façon de marcher ou de parler. Il existe, en revanche, des hommes qui vous sont sympathiques d’emblée, et je dois bien dire que John Smith me plut au premier regard. J’hésitai pourtant un bref instant ; car un voyageur se doit de réfléchir un instant, avant d’accepter de se joindre à un compagnon pour un voyage tel que celui que j’allais entreprendre. Ce jeune homme était-il capable de se lever tôt et de rester en selle des dix heures d’affilée ? Était-il capable aussi de vivre d’œufs durs et de cognac allongé d’eau ? Accepterait-il de dormir sous la tente, au gré de nos déplacements, et de se satisfaire de parcourir le désert, ni plus ni moins ? »