Editions de l'Herne

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Contre l'idée de sanction

  Jean-Marie Guyau
Contre l'idée de sanction
" L'idée de sanction vient se fondre dans l'idée plus morale de 'coopération' ; celui qui fait le bien universel travaille à une œuvre si grande qu'il a idéalement droit au concours de tous les êtres, membres du même tout, depuis la première monère jusqu'à la cellule cérébrale de l'organisme le plus élevé.
Celui qui fait le mal, au contraire, devrait recevoir de tous un 'refus de concours' qui serait une sorte de punition négative ; il se trouverait moralement isolé, tandis que l'autre serait en communion avec l'univers."
Jean-Marie Guyau

Jean-Marie Guyau

(1854-1888)

Il est de l’espèce infiniment précieuse des penseurs solitaires qui n’ont cure des modes et des coteries. Mort à 34 ans des suites d’une phtisie, il a laissé quelques textes importants dont nous mesurons encore la puissance et la profondeur. Nietzsche l’avait à sa manière célébré, en annotant minutieusement deux de ses ouvrages. D’une œuvre, qui est bien davantage qu’une simple curiosité, on peut retenir : La Morale d’Épicure (1878), Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction (1885) et L’Irréligion de l’avenir (1887). Fils d’Augustine Tuillerie (qui sous le pseudonyme de G. Bruno, écrira Le Tour de France par deux enfants), il consacrera par ailleurs divers textes et manuels aux questions pédagogiques.